Montreal and the History of Vaccination Debates at the Osler Library

La version française suit

“The recent smallpox epidemic in Montreal – vaccinating American-bound passengers on a train of the Grand Trunk Railway,” by Marvin James, photo-mechanical reproduction of a wood engraving (1885). Osler Library Prints Collection, OPF000001.

Montreal 375 gives us the opportunity to reflect on the parcours of our city, to explore its past, and to bring this history into dialogue with our present. Our current exhibit at the Osler Library not only highlights the richness of our collections, but also brings them into contemporary conversations in a very Oslerian way. Sir William Osler collected his monumental library of the history of medicine not simply for the intellectual content or the beauty of the books and objects, but because he believed that we live with the past everyday: “the past,” Osler writes in his famous speech, Aequanimitas, “is always with us; never to be escaped; it alone is enduring.”

Our newest exhibition, “Vaccination: Fame, Fear and Controversy, 1798-1998,” engages with local examples of historical vaccine controversies in an attempt to understand the enduring fear and hesitancy surrounding vaccination. Curators Dr. Rob Boddice of the Freie Universitat Berlin and Cynthia Tang, PhD candidate in the Department of Social Studies of Medicine/Department of History and Classical Studies, showcase the arguments made by pro- and anti-vaccinationists during the 200 years following Edward Jenner’s invention of vaccination.

Stipple engraving of Edward Jenner by Mackenzie (London: T. Hurst, 1802). Osler Library Prints Collection, OP000643.

In 1798, Jenner, an English country physician, published the results of his experimental use of matter from cowpox pustules to inoculate patients against smallpox, which has long been endemic to industrialized cities like Montreal. This procedure, which Jenner named vaccination, was swiftly implemented as a standard public health measure and vials of vaccine were shipped and carried worldwide. However, vaccination’s benefits and promises were attended by controversy from its earliest days. Already at the beginning of the 19th century, popular pamphlets and images stoked public anxieties about the introduction of animal material and disease agents into the body. Even after the World Health Organization proclaimed smallpox eradicated in 1980, the debates surrounding vaccination that began in the 19th century have persisted in our public discourse.

Glass capillary tube containing smallpox vaccine (Toronto, ca. 1939). Canada Science and Technology Museum, Medical Technology, art. no. 2002.0101.

A public panel presentation connected to the exhibition invited McGill and Montreal community members to think about how we understand such past examples of vaccine hesitancy and connect them to modern concerns and mythologies around vaccination. The two co-curators were joined by scholars Professor Andrea Kitta (East Carolina University), a folklorist specializing in medicine, belief and the supernatural, with a particular focus on vaccination, and late Dr. Mark Wainberg (McGill University), director of the McGill University AIDS Centre at the Montreal Jewish General Hospital, and outspoken critic of anti-vaccination rhetoric. The evening’s panel providing a wide-ranging and multidisciplinary perspective. More evidence as to the cross-institutional partnerships developed for this exhibition and the event is the blog post, “Hope and Fear in a Glass Capillary: Connecting over the History of Medicine with the Osler Library,” written by curator Cynthia Tang for the Canada Science and Technology Museum blog. In it, she explores a single artifact: a glass capillary tube containing smallpox vaccine manufactured Toronto circa 1939, and all of the hopes and fears contained within.

We are pleased to announce that this exhibition’s run has been extended through the summer! All are welcome to come view the exhibition during library opening hours (Monday through Friday, 9:00-5:00) in the Osler Library, 3rd floor, McIntyre Medical Building, 3655 Promenade Sir-William-Osler.


Montréal et l’histoire des débats sur la vaccination à la bibliothèque Osler

« L’épidémie récente de variole à Montréal — la vaccination des passagers américains dans un train du Grand Trunk Railway », par Marvin James, reproduction photomécanique d’une gravure sur bois (1885). Collection d’images de la bibliothèque Osler, OPF000001.

Le 375e anniversaire de Montréal nous donne l’occasion de nous replonger dans le parcours de notre ville, d’explorer son passé et d’en discuter dans le contexte actuel. En plus de mettre en évidence la richesse de nos collections, la nouvelle exposition présentée à la bibliothèque Osler permet d’engager des conversations les concernant à la manière d’Osler lui-même. Sir William Osler a construit cette riche bibliothèque sur l’histoire de la médecine, non seulement pour l’héritage intellectuel ou la beauté des livres et des objets qui s’y trouvent, mais aussi parce qu’il croyait que le passé fait partie de notre vie de tous les jours. « [traduction] Le passé, écrivait Osler dans son célèbre discours, Aequanimitas, fait toujours partie de nous et nous ne pouvons y échapper; c’est le seul qui résiste à l’épreuve du temps. »

Notre nouvelle exposition, « Vaccination : Fame, Fear and Controversy, 1798-1998 », offre des exemples de controverses autour de la vaccination, qui faisaient rage dans la région à l’époque, en vue de permettre aux visiteurs de comprendre la peur et l’hésitation qui régnaient à son égard. Les conservateurs Rob Boddice de la Freie Universitat de Berlin et Cynthia Tang, candidate au doctorat au département des Sciences sociales en médecine et au département de l’Histoire et études classiques, présentent le raisonnement des personnes qui étaient en faveur de la vaccination et de celles qui s’y opposaient au cours des 200 ans qui ont suivi la découverte de la vaccination par Edward Jenner.

Portrait d’Edward Jenner par gravure au pointillé réalisé par Mackenzie (Londres : T. Hurst, 1802). Collection d’images de la bibliothèque Osler, OP000643.

En 1798, Jenner, un médecin d’Angleterre qui pratiquait en région rurale, a publié les résultats de ses expériences sur l’utilisation de matières extraites de pustules contenant le virus de la vaccine pour inoculer les patients contre la variole, qui a longtemps été endémique dans les villes industrialisées comme Montréal. Cette méthode, que Jenner a nommée vaccination, a été rapidement adoptée et généralisée comme mesure de santé publique, et des fioles de vaccin antivariolique ont été expédiées et distribuées dans le monde entier. Toutefois, les avantages et les résultats prometteurs de la vaccination ont dès le début fait l’objet d’une controverse. Déjà, au début du 19e siècle, la publication de brochures et d’images suscitait dans la population des inquiétudes liées à l’introduction de matière animale et d’agents pathogènes dans le corps. Même après l’annonce de l’Organisation mondiale de la santé en 1980, selon laquelle la variole avait été éradiquée, les débats publics amorcés au 19e siècle autour de la vaccination se sont poursuivis.

Tube capillaire contenant le vaccin antivariolique (Toronto, vers 1939). Technologie médicale, Musée des sciences et de la technologie du Canada, nº d’artefact : 2002.0101.

Dans le cadre de l’exposition, une présentation publique a été dirigée par un groupe d’experts à laquelle ont été conviés les membres de la collectivité de McGill et de Montréal. Cette initiative a porté les participants à réfléchir sur ces exemples passés de l’hésitation autour de la vaccination et à faire le lien avec les préoccupations et mythes sur la vaccination qui perdurent encore aujourd’hui. Les deux conservateurs étaient accompagnés des chercheurs Andrea Kitta (East Carolina University), une folkloriste spécialiste de la médecine, des croyances et du surnaturel, qui s’intéresse particulièrement à la vaccination, et feu Mark Wainberg  (Université McGill), directeur du Centre universitaire sur le SIDA de l’Université McGill à l’Hôpital général juif de Montréal et critique de la rhétorique anti-vaccin. La présentation tenue en soirée a permis de dégager une perspective générale et multidisciplinaire. Le billet de blogue « Hope and Fear in a Glass Capillary: Connecting over the History of Medicine with the Osler Library » ([traduction] Espoir et peur dans une fiole de verre — Retracer l’histoire de la vaccination en compagnie de la Bibliothèque Osler), publié par la conservatrice Cynthia Tang pour le Musée des sciences et de la technologie du Canada, témoigne des partenariats interorganisationnels établis pour l’exposition et l’événement. Son bloque porte sur un seul objet : une fiole de verre contenant le vaccin contre la variole fabriqué à Toronto vers 1939, et tous les espoirs et les peurs qu’elle suscitait.

Nous sommes heureux d’annoncer que cette exposition se poursuivra durant l’été! Vous êtes tous invités à venir voir l’exposition durant les heures d’ouverture (du lundi au vendredi de 9 h à 17 h) à la bibliothèque Osler, 3e étage de l’édifice McIntyre Medical Sciences, 3655, promenade Sir-William-Osler.

 

Découvrir l’anatomie grâce aux livres animés

Pratiquée de manière assez confidentielle au Moyen Age, la dissection se développe au 16e siècle, notamment lorsque le pape Clément VII autorise son enseignement. La Renaissance est également marquée par un essor des livres dédiés à l’anatomie, et en particulier des livres animés. Les auteurs de l’époque rivalisent d’imagination et d’ingéniosité pour répondre à la soif de connaissance des curieux, des médecins et des étudiants. Ces ouvrages ont souvent un objectif pédagogique, ce qui explique le recours aux illustrations à volets qui permettent au lecteur de mieux visualiser l’organisation interne du corps humain: grâce à un système de volets, le lecteur peut en quelque sorte pratiquer lui-même une dissection en soulevant un à un les volets qui dévoilent à chaque fois une « couche » du corps humain.

Parmi les anatomistes du 16e siècle, le médecin bruxellois André Vésale est sans doute le plus connu. Convaincu qu’il est difficile d’enseigner et d’apprendre l’anatomie sans pouvoir observer directement le corps humain, Vésale pratique régulièrement la dissection et fait paraître en 1543  son De humani corporis fabrica, qui renouvelle les connaissances en anatomie depuis Galien.

Dans son Epitome, supplément à la Fabrica destiné essentiellement aux étudiants en médecine, Vésale propose lui aussi une sorte de livre animé : plusieurs planches anatomiques de l’Epitome peuvent être découpées par le lecteur afin de reconstituer in fine un corps humain en trois dimensions. En effet, comme l’explique Jacqueline Vons, l’Epitome contient « deux planches constituées de plusieurs dessins que l’étudiant doit découper et coller sur d’autres figures afin d’obtenir, par superposition, un corps humain en trois dimensions. Le texte accompagnant ces deux planches est l’équivalent d’un mode d’emploi, d’une notice qui doit guider pas à pas l’étudiant dans son travail de recomposition. C’est déjà une méthode pédagogique inter-active, qui consiste à s’adresser à un étudiant virtuel, en développant une forme de dialogue entre le maître et le disciple » (1).

Un autre exemple célèbre de livre animé est le Pinax microcosmographicus de Johann Remmelin, paru au début du 17e siècle et réédité à plusieurs reprises (la bibliothèque Osler en possède d’ailleurs deux exemplaires du début du 18e siècle). Il permet de découvrir l’anatomie masculine et féminine grâce à des illustrations à volets. La bibliothèque de l’université de Columbia a récemment numérisé cet ouvrage et a mis en ligne une vidéo très intéressante qui montre le fonctionnement de ces illustrations anatomiques à volets.

La pratique du livre anatomique à volets se perpétue et atteint son apogée au 19e siècle, quand les techniques d’impression en couleur se perfectionnent et se développent. Nous vous présentons ici quelques exemples issus de nos collections.

Mais les illustrations à volets ne se limitent pas au livre : certaines planches anatomiques utilisent le même procédé. La bibliothèque Osler a par exemple fait récemment l’acquisition d’une planche anatomique sur bois du 19e siècle, sans doute utilisée pour l’enseignement, qui représente un corps masculin presque à taille réelle, et qui par un système de volets maintenus par des languettes amovibles en métal, permet d’avoir la vision interne du corps humain (muscles, tendons, organes, os…).

Notes:

(1) Vons J., « L’Epitome, un ouvrage méconnu d’André Vésale (1543) », Histoire des sciences médicales, XL, 2, 2006, p.177-189, disponible en ligne [consulté le 12/04/2017].

 

Bibliographie :

Binet J.-L., « Traités d’anatomie », Bibliothèque numérique Medic@, disponible en ligne [consulté le 19/04/2017].

Carlino A., Paper bodies: a catalogue of anatomical fugitive sheets (1538-1687), London, Wellcome Institute for the History of Medicine, 1999.

Columbia University Medical Center, « A medical pop-up from the 17th century”, disponible en ligne [consulté le 19/04/2017].

Duke University Libraries, « Animated anatomy », 2011, disponible en ligne [consulté le 12/04/2017].

Van Wijland J., « Usages des papiers découpés dans l’illustration anatomique des XVIe-XVIIe siècles », disponible en ligne [consulté le 19/04/2017].

Vons J., « L’Epitome, un ouvrage méconnu d’André Vésale (1543) », Histoire des sciences médicales, XL, 2, 2006, p.177-189, disponible en ligne [consulté le 12/04/2017].

Vons J., « L’anatomie au 16e siècle », Bibliothèque numérique Medic@, disponible en ligne [consulté le 19/04/2017].

 

 

 

La publicité pharmaceutique à la fin du 19e siècle : la folie des almanachs !

Les almanachs sont de petits feuillets imprimés, très populaires depuis le Moyen Age, qui constituent à la fois une source de divertissements et d’informations (calendriers, dates et fêtes importantes, phases lunaires, horoscopes…). Au Canada et aux États-Unis, ces almanachs connaissent aussi un vif succès, si bien qu’à partir du milieu du 19e siècle, les compagnies pharmaceutiques utilisent de façon massive ce médium pour promouvoir leurs produits et commencent à créer leurs propres almanachs. La bibliothèque Osler possède plus de 200 exemplaires de ces almanachs publicitaires canadiens, publiés entre 1841 et 1977 (liste détaillée disponible ici).

A cette époque en effet, on ne consulte que rarement un médecin, et l’auto-médication est largement répandue. De nombreuses compagnies proposent alors des médicaments vendus sans prescription. Ces almanachs à visée publicitaire sont alors envoyés ou distribués gratuitement aux familles (dans certains cas, on laisse un emplacement vide sur l’almanach pour que le docteur ou le pharmacien qui l’a distribué puisse y apposer son cachet). L’utilisation des almanachs – largement lus et appréciés par la population – pour promouvoir leurs produits constitue une technique commerciale efficace pour les compagnies pharmaceutiques. A titre d’exemple, selon Denise Maines, la compagnie Ayer distribue à la fin du 19e siècle au Canada et aux États-Unis 25 000 000 almanachs par an, arguant même qu’il s’agit du livre « le plus diffusé après la Bible » (1).

Ces almanachs ont des titres attractifs (« les gestes de premier secours », « santé : ce qu’il faut savoir », « l’interprétation des rêves », « les nouvelles de la ville », « votre horoscope »…) et ne se présentent pas forcément d’emblée comme des documents publicitaires. Certains s’adressent plus particulièrement aux ménagères, avec des titres comme « faire sa robe chez soi » ou « le livre de cuisine » par exemple. Vrais objets du quotidien,  les almanachs sont pour la plupart dotés d’une petite cordelette, qui permet de les accrocher facilement dans la maison.

Ces almanachs sont généralement tous organisés de la même façon : ils alternent publicité pour les produits de la compagnie et contenus traditionnels des almanachs (calendriers, conseils de beauté, évènements historiques importants, recettes de cuisine, soins de santé, prévisions météorologiques…). Les publicités sont souvent étayées de témoignages d’utilisateurs satisfaits du produit, qui en vantent les multiples vertus. Habiles mélanges entre promotion d’un produit et divertissement, les almanachs sont le reflet de leur époque et constituent une source précieuse d’information pour les chercheurs. Ils témoignent aussi de la persistance de certaines croyances à travers les âges : il est  ainsi intéressant d’y trouver encore parfois la figure de l’homme zodiacal – qui représente les correspondances entre les différentes parties du corps humain et les signes du zodiaque – qu’on trouvait déjà dans les almanachs du Moyen Age.

Notes:

(1) Maines D., “Why the appeal? A study of almanacs advertising Dr. Chase’s patent medicines, 1904–1959”, Canadian Pharmacists Journal, 145, 4, 2012, p.180-185.

Bibliographie:

Maines D., “Why the appeal? A study of almanacs advertising Dr. Chase’s patent medicines, 1904–1959”, Canadian Pharmacists Journal, 145, 4, 2012, p.180-185 [consulté le 07/04/2017].

National Library of Canada, “Impressions: 250 years of printing… in the lives of Canadians – Health”, 1999, disponible en ligne [consulté le 07/04/2017].

U.S. National Library of Medicine, “Time, tide and tonic: the patent medicine almanac in America”, 2004, disponible en ligne [consulté le 07/04/2017].

Rare Books Restored In Honour of Christopher Lyons

Christoper Lyons (right) accepting two rare books restored in his honour from Board of Curators member and William Feindel Professor Emeritus, Dr. Rolando Del Maestro.

As a surprise precursor to Dr. Rolando Del Maestro’s neuro-oncology talk last week, Osler Librarian Christopher Lyons was presented with two rare books, recently restored in his honour, in recognition of his excellent stewardship of the Osler Library from 2012-2016.

 

The staff at the Osler Library, the Osler Board of Curators, and the McGill Osler Society, wish Chris the very best in his new appointment as Head of Rare Books & Special Collections at McGill – another unit of McGill ROAAr (Rare Books, Osler, Art, and Archives).

 

Congratulations, Chris!

 

Medical Anatomy : or, Illustrations of the Relative Position and Movements of the Internal Organs | Francis Sibson | London : John Churchill & Sons, 1869 | 4 leaves, 88 columns, XXI leaves of plates : illustrations (some color) ; 53cm

Ornate W.O. inscription to Christopher Lyons.

The restoration work was completed by Montreal conservator Terry Rutherford. In addition to work on the spines, leaves, and colour plates, both of these books are now housed in custom clamshell archival boxes, with an ornate ‘W.O.’ inscription to Christopher Lyons.

The Sibson atlas (above) has prize binding, with gilt lettering, from 1872 when it was awarded to McGill medical student Francis John Shepherd for the best primary examination for M.D.C.M. degree. Shepherd (1851-1929) is known as one of McGill’s ‘Medical Luminaries’, a highly-regarded anatomist, surgeon, dermatologist, and Dean of the McGill Medical Faculty from 1908-1914. Shepherd was also a prominent Canadian art historian and critic, who served as President of the Montreal Art Association (predecessor of the Montreal Museum of Fine Arts).

This presentation copy of Sir William Osler’s The Principles and Practice of Medicine (below) once belonged to Dr. Thomas McCrae (1870-1935), brother of “In Flanders Fields” author John McCrae (1872-1918). Dr. T. McCrae was a close friend and colleague of William Osler at John Hopkins Medical School in Baltimore.

The Principles and Practice of Medicine: Designed for the Use of Practitioners and Students of Medicine | William Osler | New York : D. Appleton and Company, 1905 | xvii, [1], 1143, [1] pages : illustrations (some color) ; 25 cm

Interested in rare book restoration and conservation in honour of someone you know? Want to learn more about the Osler Library’s “Adopt-a-Book” Programme? Email osler.library@mcgill.ca for more information.

« L’alcool, voilà l’ennemi » ou comment l’école de la IIIe République en France lutte contre l’alcoolisme

Si pendant longtemps l’alcool a été perçu comme bon pour la santé, sa consommation n’a cessé d’augmenter au cours du 19e siècle jusqu’à devenir un véritable problème de société en France. En effet, à partir des années 1870, l’ivrognerie, désormais dénommée « alcoolisme » depuis les travaux du médecin suédois Magnus Huss au milieu du 19e siècle, est considérée comme un fléau national. L’alcoolisme est devenu un sujet de préoccupation majeur, auquel l’opinion est de plus en plus sensible : en 1871, la première ligue contre l’alcoolisme est créée à l’Académie de Médecine de Paris, tandis que la loi du 23 janvier 1873 organise la répression de l’ivresse publique. C’est aussi un thème largement traité dans l’art et la littérature de l’époque : l’exemple le plus célèbre est sans doute L’Assommoir d’Émile Zola, paru en 1877, qui retrace la déchéance d’une famille ouvrière à cause de l’alcool.

Des campagnes antialcooliques s’organisent et insistent sur les méfaits et les dangers d’une consommation excessive d’alcool : détériorations physiques et psychiques pour le buveur, et conséquences néfastes pour sa famille (violences conjugales, misère…). Pour lutter contre l’alcoolisme, on prône la tempérance, c’est-à-dire un usage modéré des boissons alcooliques. Curieusement, une distinction est faite à l’époque entre le vin, la bière et le cidre – jugés alors bons pour la santé s’ils sont consommés avec modération – et les alcools distillés (comme l’absinthe ou le rhum) perçus comme la cause principale de l’alcoolisme.

L’école de la IIIe République a son rôle à jouer dans cette lutte : on demande aux instituteurs d’enseigner aux enfants les dangers de l’alcool. De nombreux matériels pédagogiques sont alors mis à leur disposition : affiches, bons points, manuels de lecture… fleurissent, d’autant plus qu’à partir de la fin des années 1890, la leçon d’antialcoolisme est inscrite dans les programmes scolaires.

                      

La bibliothèque Osler possède plusieurs ouvrages antialcooliques pour l’éduction des enfants, et notamment un exemplaire de 1904 du Manuel d’antialcoolisme publié par la Société antialcoolique des instituteurs et institutrices de France (Osler lib. Robertson section 1, L 2844 m 1904). Sous-titré « Mieux vaut prévenir que guérir », ce livre est censé fournir à l’instituteur un support pédagogique pour organiser une leçon antialcoolique. Le livre propose donc un programme pour chaque semaine de l’année scolaire, avec des images, des sujets de rédaction, des problèmes mathématiques, des chansons, des  dessins… liés au thème de l’alcoolisme, et adaptés aux différents niveaux scolaires (cours élémentaire ou cours moyen et supérieur).

Le manuel aborde aussi l’alcoolisme sur le plan médical, en décrivant ses conséquences physiques et mentales, notamment sur le cerveau.

Il évoque également des conséquences héréditaires de l’alcoolisme sur les enfants. L’hérédité  – à savoir la croyance que les tares tant physiques que psychiques se transmettent de génération en génération – est alors un thème cher aux scientifiques du 19e siècle, qui est notamment largement exploité par Zola dans sa série Les Rougon Macquart.  Ainsi le Manuel compare-t-il de manière très caricaturale, les enfants d’alcooliques, qualifiés de « dégénérés », et les enfants des « buveurs d’eau » en pleine santé et bien portants.

   

Ce manuel, censé aider les instituteurs dans la lutte nationale contre l’alcoolisme, est donc représentatif des préoccupations et des croyances de la France du 19e siècle (distinction entre bon et mauvais alcool, croyance forte en l’hérédité, peur des classes laborieuses, vocation morale de l’École). Il faut toutefois noter que ce mouvement antialcoolique n’est pas une spécificité française, et que dans de nombreux pays, notamment le Canada, des initiatives semblables sont prises.

 

Et pour terminer, un petit problème de mathématiques tiré du Manuel d’antialcoolisme : saurez-vous le résoudre (en sachant qu’1 franc équivalait à 20 sous à l’époque) ?

 

Paul, en allant au chantier, ce matin, à 6 heures, a pris comme d’habitude un petit verre d’alcool à 0 fr. 15. En sortant de l’estaminet, il a été pris de congestion et a dû être conduit dans une pharmacie où il a dépensé 0 fr. 50. Il a dû faire des démarches pour être embauché, et a perdu en tout 1h. 1/2 à 0 fr. 60 l’heure. A combien lui est revenue « sa goutte » et combien aurait-il pu avoir de petits pains d’un sou à la place?

 

Bibliographie :

Fillaut T, « De la tempérance à la consommation à faible risque (1880-2010) : Survol historique des normes en matière de prévention de l’alcoolisme en France », Colloque Alcool et Normes (défi brestois), Landerneau, Octobre 2011, disponible en ligne.

Lefebvre T., « La propagande antialcoolique en milieu scolaire au début du XXe siècle », Revue d’histoire de la pharmacie, 84, 309, 1996.

Parayre S., « L’entrée de l’éducation à la santé à l’école par la prévention (XVIIIe-XIXe siècles) », Recherches & éducations, 3, septembre 2010, disponible en ligne.

 

 

Illustrated Talk: A History of Neuro-Oncology & Canadian Savoir Faire

You’re invited! Please join us Thursday March 30th, 4:30pm for an illustrated talk by Dr. Rolando Del Maestro, MD, PhD, William Feindel Emeritus Professor in Neuro-Oncology, Director of McGill Neurosurgical Simulation Research and Training Centre.

This talk encourages discussion surrounding ideas and individuals that have shaped the world of neuro-oncology, while placing emphasis on Canadian neuro-oncology research. Guests are encouraged to prepare a ‘Canadian Neuro-Oncology Minute’ that highlights an individual’s contributions to historical and/or current advancements in Canada. The most compelling of these ‘verbal minutes’ will receive an autographed copy of Dr. Rolando Del Maestro’s book A History of Neuro-Oncology (2008).

Who would you choose to highlight for a ‘Canadian Neuro-Oncology Minute’?

Gord Downie performing live at Hillside Festival in Guelph, Ontario in 2001. Photo by Ryan Merkley. Retrieved from WikiMedia Commons.

 

Gord Downie, lead singer of The Tragically Hip.

The beloved singer, songwriter, poet, and all-round cultural Canadian icon was recently diagnosed with incurable brain cancer. His public diagnosis and tremendous courage has helped raise awareness about neuro-health in Canada.

 

 

For information regarding the work and research happening at the McGill University Neurosurgical Simulation Research Center, follow this link.

A la découverte du Brésil avec l’Historia naturalis Brasiliae

Au 17e siècle, le Brésil est une terre portugaise depuis sa découverte en 1500 par le navigateur Pedro Álvares Cabral. Toutefois, une enclave hollandaise existe entre 1624 et 1654 au nord-est du Brésil. C’est dans ce contexte que deux hollandais, le médecin Willem Piso et l’astronome Georg Marggrav, accompagnent en 1638 le prince de Nassau dans son voyage au Brésil. C’est l’occasion pour les deux savants d’explorer le territoire et d’en répertorier la faune et la flore.

Titre-frontispice

Leurs découvertes sont rassemblées en 1648 par le géographe Johannes De Laet dans un livre intitulé Historia naturalis Brasiliae. Cet ouvrage est considéré comme le premier traité scientifique sur le Brésil. La bibliothèque Osler possède un exemplaire de l’édition originale (Osler room – folio P678h 1648), imprimée à Leyde, par la célèbre maison Elzevier. Le titre-frontispice est particulièrement travaillé : il s’agit d’une gravure colorée à la main, qui semble évoquer le Brésil comme un nouveau Paradis. On y voit deux indigènes, dans une végétation luxuriante, entourés de nombreux animaux (perroquets, singes, fourmiliers, serpents, poissons, crabes, tortues, paresseux…).

Le livre se compose de deux parties : le De medicina Brasiliensi écrit par Willem Piso, et l’Historia rerum naturalium Brasiliae de Georg Marggrav. L’ensemble, organisé et complété par Johannes De Laet,  est richement illustré par plus de quatre cents gravures sur bois.

Un moulin à sucre

Dans son De medicina Brasiliensi, Willem Piso recense les maladies et les venins qui existent au Brésil, ainsi que leurs remèdes locaux. Il y décrit également les vertus thérapeutiques des plantes (De facultatibus simplicium). On trouve d’ailleurs une explication très intéressante de la fabrication du sucre de canne (De saccharo).

Homme en habit traditionnel

La seconde partie, l’Historia rerum naturalium Brasiliae, rédigée par Georg Marggrav, recense les plantes, les poissons, les animaux et les insectes du Brésil. Une rapide description du pays et de ses habitants est également incluse : Marggrav y évoque les coutumes des indigènes du Brésil (vêtements, religion, nourriture… et même la langue avec un bref lexique incorporé dans le texte).

Une espèce de fruit de la passion

Un fourmilier

L’Historia naturalis Brasiliae a fait connaître en Europe de nouvelles plantes médicinales (comme l’ipecacuanha, utilisée notamment pour traiter la dysenterie). Il est devenu un ouvrage de référence pour les naturalistes européens tout au long des 17e et 18e siècles: son influence est notamment perceptible dans les travaux de Buffon et de Linné. C’est un riche témoignage des tentatives de description et de compréhension de la nature au 17e siècle.

 

Bibliographie:

Brienen R. P., Visions of Savage Paradise: Albert Eckhout, Court Painter in Colonial Dutch Brazil, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2006.

Charlot C, Guibert M.-S., “Petite histoire de la Racine Brésilienne en France au 17ème siècle”, 38e Congrès international d’histoire de la Pharmacie, Séville, 19-22 septembre 2007, disponible en ligne.

Galloway J. H., “Tradition and innovation in the American sugar Industry, c. 1500- 1800: an explanation”, Annals of the Association of American geographers, 75, 3, 1985.

Medeiros M. F. T., Albuquerque U. P., “Abstract food flora in 17th century northeast region of Brazil in Historia Naturalis Brasiliae”, Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine, 10, 50, 2014.

Safier N., “Beyond Brazilian nature: the editorial itineraries of Marcgraf and Piso’s Historia Naturalis Brasiliae”, dans Van Groesen M. (ed.), The Legacy of Dutch Brazil, Cambridge, Cambridge University Press, 2014.

Walker T. D., “The medicines trade in the Portuguese Atlantic world: acquisition and dissemination of healing knowledge from Brazil (c. 1580–1800)”, Social history of medicine, 26, 3, 2013.

Whitehead P. J. P., Boeseman M., A portrait of Dutch 17th century Brazil : animals, plants, and people by the artists of Johan Maurits of Nassau, Amsterdam – Oxford – New-York, North-Holland Publishing Company, 1989.

 

 

Resurrecting the History of Body-Snatching at McGill

Guest post by Annelise Dowd. Annelise is a McGill University Master of Information Studies student with research interests in the digital humanities, library accessibility, and special collections outreach.

 

“He told us there were two subjects, and that as you were nervous he’d set you and Jim to work first; that our turn would come. He pointed to a grave; said that’s where would have to work; told us not to begin until he returned, as we might be caught; and that when we heard the whistle we were to run to the gate.”

 

My Last Experience of Resurrectionning,”

McGill University Gazette,vol. 1, no. 4: January 1, 1874

 

The Origins of McGill Student Body-Snatching

Anatomy study, McGill medical students, Montreal, QC, 1884. McCord Museum.

In the 1830s, the nascent McGill Medical Faculty was incorporating the practice of dissection as the central method for anatomical instruction. However, even with the introduction of the Anatomy Act in 1843, an act intended to legally require institutions to supply bodies to medical faculties, the city of Montréal failed to donate an adequate number of cadavers. With limited options and little institutionally provided dissection material, McGill medical students quite literally took the issue into their own hands.

Portrait of the McGill “Resurrectionists”

Graduating Class in Medicine, c.1905. McGill Archives.

The McGill University Gazette, McGill’s first newspaper, illustrates the figure of the student body-snatcher, or a more popular term at the time, “resurrectionist.” Medical students resurrected corpses for one of two purposes: for their own anatomical exams, or to supply bodies to their professors, with a reward of $30-$50 per body. For a number of medical students, body-snatching was an efficient, albeit morbid, means to cover one’s tuition.

Body-snatching was often a winter activity, due to the frozen ground preventing the burial of bodies. Until the ground thawed, corpses were stored above ground in cemetery “dead houses,” an easy target for students to forcibly enter and steal bodies. A winter body-snatching trip would typically include hiking to Côte-des-Neiges or Mount Royal cemetery in the dead of night, removing the corpses from their caskets, and tobogganing down the snow-covered slope with their “subjects” in tow.

“The Good Old Days at McGill,” The McGill Daily Vol. 39 No. 001: September 27, 1949

The legal ramifications for body snatching were minor, and the general attitude towards body-snatching amongst the medical student body was openly positive. In fact, students fined in court for body snatching in 1875 were hoisted on the shoulders of a sea of medical students, chanting and singing in encouragement of their classmates’ deeds!

The Continued Legacy of Body-Snatching

In 1883, a strengthened Anatomy Act put greater pressure on institutions to provide bodies to Montréal’s medical schools. In effect, by the twentieth century, any mention of body-snatching had all but disappeared. Yet, as noted in the early issues of The McGill Daily, the legacy of these “brave resurrectionists” lived on in the medical faculty for decades. Annually, students would celebrate “King Cook”, the medical building custodian who assisted students in sneaking unofficially obtained corpses on campus. These celebrations consisted of a parade down Saint Catherine Street and humorous theatrical productions, in which the famed Stephen Leacock was known to partake in.

Medical Building janitor King Cook dressed as John Bull, the patriotic symbol of Great Britain, with medical students, 1918. McGill Archives.

The notoriously rowdy “King Cook Celebration” was documented as last occurring in 1926, and since then the history of the medical student body-snatching has been largely forgotten. Although largely absent from official documents, the remaining first-person accounts reveal this morbid and fascinating period in McGill Faculty of Medicine history.

 

 

 

Sources:

Hanaway, Joseph, and Richard Cruess. “The Faculty of Medicine: 1874–85: The Osler Years.” McGill Medicine: The First Half Century, 1829-1885, McGill-Queen’s University Press, 1996, pp. 65–99, www.jstor.org/stable/j.ctt814n7.11.

Lawrence, D.G. “Resurrection and Legislation or Body-Snatching in Relation to the Anatomy Act in the Province of Quebec.” Bulletin of the History of Medicine. 32.5 (1958). Print.

Shepherd, Francis J. Reminiscences of Student Days and Dissecting Room. Montreal: publisher not identified, 1919. Print.

The McGill Student Publications Collection

Worthington, E D. Reminiscences of Student Life and Practice. Sherbrooke [Quebec: Printed for Sherbrooke Protestant Hospital by Walton, 1981.

 

Lyon et l’édition médicale au 16e siècle: l’exemple des Institutions chirurgiques de Jean Tagault, imprimées par Guillaume Rouillé

Au 16e siècle, Lyon est un des principaux centres d’imprimerie d’Europe, et un vivier important de l’édition médicale. C’est d’ailleurs dans cette ville que Le Guydon de la practique en cyrurgie de Guy de Chauliac est imprimé pour la première fois en français en 1478 par Barthélemy Buyer.

Page de titre avec marque d’imprimeur

Parmi les grands imprimeurs lyonnais de la Renaissance, on trouve Guillaume Rouillé (1518-1589). Né à Dolus, près de Loches, il fait son apprentissage à Venise chez les Giolito de Ferrari, puis s’établit à Lyon en tant qu’imprimeur, à l’enseigne  «A l’écu de Venise».

La bibliothèque Osler possède plusieurs ouvrages imprimés par Guillaume Rouillé, dont les Institutions chirurgiques de Jean Tagault (Osler room – T125cF 1549). Il s’agit d’une traduction en français, d’un ouvrage écrit en latin par le médecin Jean Tagault, et complété par un traité sur la « matière chirurgique » de Jacques Houllier, élève de Tagault.

C’est un manuel pratique de chirurgie, à l’intention notamment des étudiants chirurgiens. De petit format, l’ouvrage pouvait être aisément transporté et

Adresse de Guillaume Rouillé aux étudiants en chirurgie, avec signature manuscrite d’Estienne Picard.

annoté. Il a d’ailleurs appartenu à un certain Estienne Picard, chirurgien, comme semblent l’indiquer plusieurs signatures manuscrites.

L’ouvrage, de 1549, est en langue vernaculaire. Jusqu’ici essentiellement en latin, l’édition médicale se vulgarise et commence à être écrite en langue vernaculaire à partir des années 1530 en France. L’ordonnance de Villers-Cotterêts promulguée en 1539 par le roi François Ier contribue à la diffusion et au développement du français, même si le latin reste la langue du savoir jusqu’au 18e siècle. Ce passage du latin au français ne se fait pas sans difficulté, car il faut trouver des équivalents français pour désigner des termes scientifiques. Ceci explique la présence d’une « exposition de quelques lieux difficiles » au début du livre, qui donne des explications sur certains points jugés compliqués.

Le livre contient quelques illustrations, dont plusieurs vues du squelette humain, des exemples de blessures auxquelles peut être confronté un chirurgien, et des outils nécessaires pour les soigner.

Un corps “blessé en plusieurs sortes”

Vue de face d’un squelette humain

 

Exemple d’outil de chirurgien

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à venir voir nos collections : la bibliothèque Olser et le département des « Rare Books and Special Collections » de la bibliothèque McLennan possèdent plusieurs exemplaires de livres du 16e siècle imprimés à Lyon. Par ailleurs, si vous êtes de passage à Lyon, pensez à visiter le musée de l’imprimerie qui retrace toute l’histoire de l’imprimerie lyonnaise.

 

Bibliographie:

Berriot-Salvadore E., « La littérature médicale en français de 1500 à 1600 », Bibliothèque numérique Medic@, BIU Santé Paris, novembre 2010, disponible en ligne.

Claudin A., Histoire de l’imprimerie en France au XVe et au XVIe siècle, volume 3, Paris, Imprimerie Nationale, 1904, disponible en ligne.

Mecking V.,  « La terminologie médicale du XVIe siècle entre tradition et innovation », La revue de l’Institut Catholique de Lyon, 2014, 24, 9, disponible en ligne.

Université de Picardie Jules Verne, « Humanisme et médecine, un exemple de diffusion des savoirs à travers les siècles : la bibliothèque d’Emile et Lucien Bax », [exposition virtuelle], 2010, disponible en ligne.

Vaccination and Its Discontents: Historical and Contemporary Reflections on Vaccination and Vaccine Hesitancy

Want to see what happens when two historians, a folklorist, and virologist come together to discuss vaccination? Please join us for Vaccination and Its Discontents: Historical and Contemporary Reflections on Vaccination and Vaccine Hesitancy, a multidisciplinary discussion panel hosted by the Osler Library for the History of Medicine.

Monday, February 20th, 5:30-7:30PM
3rd Floor McIntyre Medical Building
3655 Promenade Sir-William-Osler
Image of "vaccinating American-bound passengers on a train of the Grand Trunk Railway," by James Marvin, 1885.

“The recent smallpox epidemic in Montreal – vaccinating American-bound passengers on a train of the Grand Trunk Railway,” James Marvin, 1885. Osler Library Prints Collection.

The panel will include:

“Bestiality in a Time of Smallpox: Dr. Jenner and the Modern Chimera,” Rob Boddice, PhD FRHistS (Freie Universität Berlin), Historian of Medicine, Science and Emotions

‘The grease taken from the heels of horses: Collective Memory and Collective Silencing in the History of Vaccination Controversy,” Cynthia Tang, MSc MA (McGill University), PhD student in the History of Medicine

“Vaccination: Legend, Rumour, and Alternative Facts Throughout History,”
Andrea Kitta, PhD (East Carolina University), Folklorist specializing in medicine, belief and the supernatural

“Should vaccination against measles and other infectious agents if proven safe be compulsory?,”
Mark Wainberg, PhD OC OQ FRSC (McGill University), Director of the McGill University AIDS Centre

This panel is being held in promotion of the Osler Library’s current exhibition, Vaccination: Fame, Fear and Controversy, 1798-1998, to explore some of the historical and contemporary cases of resistance to vaccination. Vaccination and Its Discontents: Historical and Contemporary Reflections on Vaccination and Vaccine Hesitancy will aim at analysing the character of the fears and doubts of anti-vaccinists, and the successes and failures of vaccination’s proponents in addressing the concerns of their opponents. The contemporary rhetoric surrounding vaccination is implicitly connected to, and draws upon, two centuries of rehearsal. Recognising the essential structure of anti-vaccinist arguments in particular may provide new ways to address them. The panel works towards novel approaches to vaccination controversies, opening up new possibilities for contending with vaccine hesitancy in our own times.

 

Please join us in this discussion, followed by a wine & cheese reception.

 

Relevant reading: 
Andrea Kitta and Daniel Goldberg, “The Significance of Folklore for Vaccine Policy: Discarding the Deficit Model,” Critical Public Health (2016).
Rob Boddice, “Vaccination, Fear and Historical Relevance,” History Compass (2016).
Mark Wainberg, PhD OC OQ FRSC (McGill University) Director of the McGill University AIDS Centre

The exhibit, Vaccination: Fame, Fear and Controversy, 1798-1998, is open to the public during library hours, Monday-Friday, 9:00-5:00 and runs through the end of April 2017.

Both the exhibit and the speaker panel are co-sponsored by the McGill Faculty of Medicine and the Freie Universität Berlin.