Découvrir l’anatomie grâce aux livres animés

Pratiquée de manière assez confidentielle au Moyen Age, la dissection se développe au 16e siècle, notamment lorsque le pape Clément VII autorise son enseignement. La Renaissance est également marquée par un essor des livres dédiés à l’anatomie, et en particulier des livres animés. Les auteurs de l’époque rivalisent d’imagination et d’ingéniosité pour répondre à la soif de connaissance des curieux, des médecins et des étudiants. Ces ouvrages ont souvent un objectif pédagogique, ce qui explique le recours aux illustrations à volets qui permettent au lecteur de mieux visualiser l’organisation interne du corps humain: grâce à un système de volets, le lecteur peut en quelque sorte pratiquer lui-même une dissection en soulevant un à un les volets qui dévoilent à chaque fois une « couche » du corps humain.

Parmi les anatomistes du 16e siècle, le médecin bruxellois André Vésale est sans doute le plus connu. Convaincu qu’il est difficile d’enseigner et d’apprendre l’anatomie sans pouvoir observer directement le corps humain, Vésale pratique régulièrement la dissection et fait paraître en 1543  son De humani corporis fabrica, qui renouvelle les connaissances en anatomie depuis Galien.

Dans son Epitome, supplément à la Fabrica destiné essentiellement aux étudiants en médecine, Vésale propose lui aussi une sorte de livre animé : plusieurs planches anatomiques de l’Epitome peuvent être découpées par le lecteur afin de reconstituer in fine un corps humain en trois dimensions. En effet, comme l’explique Jacqueline Vons, l’Epitome contient « deux planches constituées de plusieurs dessins que l’étudiant doit découper et coller sur d’autres figures afin d’obtenir, par superposition, un corps humain en trois dimensions. Le texte accompagnant ces deux planches est l’équivalent d’un mode d’emploi, d’une notice qui doit guider pas à pas l’étudiant dans son travail de recomposition. C’est déjà une méthode pédagogique inter-active, qui consiste à s’adresser à un étudiant virtuel, en développant une forme de dialogue entre le maître et le disciple » (1).

Un autre exemple célèbre de livre animé est le Pinax microcosmographicus de Johann Remmelin, paru au début du 17e siècle et réédité à plusieurs reprises (la bibliothèque Osler en possède d’ailleurs deux exemplaires du début du 18e siècle). Il permet de découvrir l’anatomie masculine et féminine grâce à des illustrations à volets. La bibliothèque de l’université de Columbia a récemment numérisé cet ouvrage et a mis en ligne une vidéo très intéressante qui montre le fonctionnement de ces illustrations anatomiques à volets.

La pratique du livre anatomique à volets se perpétue et atteint son apogée au 19e siècle, quand les techniques d’impression en couleur se perfectionnent et se développent. Nous vous présentons ici quelques exemples issus de nos collections.

Mais les illustrations à volets ne se limitent pas au livre : certaines planches anatomiques utilisent le même procédé. La bibliothèque Osler a par exemple fait récemment l’acquisition d’une planche anatomique sur bois du 19e siècle, sans doute utilisée pour l’enseignement, qui représente un corps masculin presque à taille réelle, et qui par un système de volets maintenus par des languettes amovibles en métal, permet d’avoir la vision interne du corps humain (muscles, tendons, organes, os…).

Notes:

(1) Vons J., « L’Epitome, un ouvrage méconnu d’André Vésale (1543) », Histoire des sciences médicales, XL, 2, 2006, p.177-189, disponible en ligne [consulté le 12/04/2017].

 

Bibliographie :

Binet J.-L., « Traités d’anatomie », Bibliothèque numérique Medic@, disponible en ligne [consulté le 19/04/2017].

Carlino A., Paper bodies: a catalogue of anatomical fugitive sheets (1538-1687), London, Wellcome Institute for the History of Medicine, 1999.

Columbia University Medical Center, « A medical pop-up from the 17th century”, disponible en ligne [consulté le 19/04/2017].

Duke University Libraries, « Animated anatomy », 2011, disponible en ligne [consulté le 12/04/2017].

Van Wijland J., « Usages des papiers découpés dans l’illustration anatomique des XVIe-XVIIe siècles », disponible en ligne [consulté le 19/04/2017].

Vons J., « L’Epitome, un ouvrage méconnu d’André Vésale (1543) », Histoire des sciences médicales, XL, 2, 2006, p.177-189, disponible en ligne [consulté le 12/04/2017].

Vons J., « L’anatomie au 16e siècle », Bibliothèque numérique Medic@, disponible en ligne [consulté le 19/04/2017].

 

 

 

La publicité pharmaceutique à la fin du 19e siècle : la folie des almanachs !

Les almanachs sont de petits feuillets imprimés, très populaires depuis le Moyen Age, qui constituent à la fois une source de divertissements et d’informations (calendriers, dates et fêtes importantes, phases lunaires, horoscopes…). Au Canada et aux États-Unis, ces almanachs connaissent aussi un vif succès, si bien qu’à partir du milieu du 19e siècle, les compagnies pharmaceutiques utilisent de façon massive ce médium pour promouvoir leurs produits et commencent à créer leurs propres almanachs. La bibliothèque Osler possède plus de 200 exemplaires de ces almanachs publicitaires canadiens, publiés entre 1841 et 1977 (liste détaillée disponible ici).

A cette époque en effet, on ne consulte que rarement un médecin, et l’auto-médication est largement répandue. De nombreuses compagnies proposent alors des médicaments vendus sans prescription. Ces almanachs à visée publicitaire sont alors envoyés ou distribués gratuitement aux familles (dans certains cas, on laisse un emplacement vide sur l’almanach pour que le docteur ou le pharmacien qui l’a distribué puisse y apposer son cachet). L’utilisation des almanachs – largement lus et appréciés par la population – pour promouvoir leurs produits constitue une technique commerciale efficace pour les compagnies pharmaceutiques. A titre d’exemple, selon Denise Maines, la compagnie Ayer distribue à la fin du 19e siècle au Canada et aux États-Unis 25 000 000 almanachs par an, arguant même qu’il s’agit du livre « le plus diffusé après la Bible » (1).

Ces almanachs ont des titres attractifs (« les gestes de premier secours », « santé : ce qu’il faut savoir », « l’interprétation des rêves », « les nouvelles de la ville », « votre horoscope »…) et ne se présentent pas forcément d’emblée comme des documents publicitaires. Certains s’adressent plus particulièrement aux ménagères, avec des titres comme « faire sa robe chez soi » ou « le livre de cuisine » par exemple. Vrais objets du quotidien,  les almanachs sont pour la plupart dotés d’une petite cordelette, qui permet de les accrocher facilement dans la maison.

Ces almanachs sont généralement tous organisés de la même façon : ils alternent publicité pour les produits de la compagnie et contenus traditionnels des almanachs (calendriers, conseils de beauté, évènements historiques importants, recettes de cuisine, soins de santé, prévisions météorologiques…). Les publicités sont souvent étayées de témoignages d’utilisateurs satisfaits du produit, qui en vantent les multiples vertus. Habiles mélanges entre promotion d’un produit et divertissement, les almanachs sont le reflet de leur époque et constituent une source précieuse d’information pour les chercheurs. Ils témoignent aussi de la persistance de certaines croyances à travers les âges : il est  ainsi intéressant d’y trouver encore parfois la figure de l’homme zodiacal – qui représente les correspondances entre les différentes parties du corps humain et les signes du zodiaque – qu’on trouvait déjà dans les almanachs du Moyen Age.

Notes:

(1) Maines D., “Why the appeal? A study of almanacs advertising Dr. Chase’s patent medicines, 1904–1959”, Canadian Pharmacists Journal, 145, 4, 2012, p.180-185.

Bibliographie:

Maines D., “Why the appeal? A study of almanacs advertising Dr. Chase’s patent medicines, 1904–1959”, Canadian Pharmacists Journal, 145, 4, 2012, p.180-185 [consulté le 07/04/2017].

National Library of Canada, “Impressions: 250 years of printing… in the lives of Canadians – Health”, 1999, disponible en ligne [consulté le 07/04/2017].

U.S. National Library of Medicine, “Time, tide and tonic: the patent medicine almanac in America”, 2004, disponible en ligne [consulté le 07/04/2017].

Rare Books Restored In Honour of Christopher Lyons

Christoper Lyons (right) accepting two rare books restored in his honour from Board of Curators member and William Feindel Professor Emeritus, Dr. Rolando Del Maestro.

As a surprise precursor to Dr. Rolando Del Maestro’s neuro-oncology talk last week, Osler Librarian Christopher Lyons was presented with two rare books, recently restored in his honour, in recognition of his excellent stewardship of the Osler Library from 2012-2016.

 

The staff at the Osler Library, the Osler Board of Curators, and the McGill Osler Society, wish Chris the very best in his new appointment as Head of Rare Books & Special Collections at McGill – another unit of McGill ROAAr (Rare Books, Osler, Art, and Archives).

 

Congratulations, Chris!

 

Medical Anatomy : or, Illustrations of the Relative Position and Movements of the Internal Organs | Francis Sibson | London : John Churchill & Sons, 1869 | 4 leaves, 88 columns, XXI leaves of plates : illustrations (some color) ; 53cm

Ornate W.O. inscription to Christopher Lyons.

The restoration work was completed by Montreal conservator Terry Rutherford. In addition to work on the spines, leaves, and colour plates, both of these books are now housed in custom clamshell archival boxes, with an ornate ‘W.O.’ inscription to Christopher Lyons.

The Sibson atlas (above) has prize binding, with gilt lettering, from 1872 when it was awarded to McGill medical student Francis John Shepherd for the best primary examination for M.D.C.M. degree. Shepherd (1851-1929) is known as one of McGill’s ‘Medical Luminaries’, a highly-regarded anatomist, surgeon, dermatologist, and Dean of the McGill Medical Faculty from 1908-1914. Shepherd was also a prominent Canadian art historian and critic, who served as President of the Montreal Art Association (predecessor of the Montreal Museum of Fine Arts).

This presentation copy of Sir William Osler’s The Principles and Practice of Medicine (below) once belonged to Dr. Thomas McCrae (1870-1935), brother of “In Flanders Fields” author John McCrae (1872-1918). Dr. T. McCrae was a close friend and colleague of William Osler at John Hopkins Medical School in Baltimore.

The Principles and Practice of Medicine: Designed for the Use of Practitioners and Students of Medicine | William Osler | New York : D. Appleton and Company, 1905 | xvii, [1], 1143, [1] pages : illustrations (some color) ; 25 cm

Interested in rare book restoration and conservation in honour of someone you know? Want to learn more about the Osler Library’s “Adopt-a-Book” Programme? Email osler.library@mcgill.ca for more information.

« L’alcool, voilà l’ennemi » ou comment l’école de la IIIe République en France lutte contre l’alcoolisme

Si pendant longtemps l’alcool a été perçu comme bon pour la santé, sa consommation n’a cessé d’augmenter au cours du 19e siècle jusqu’à devenir un véritable problème de société en France. En effet, à partir des années 1870, l’ivrognerie, désormais dénommée « alcoolisme » depuis les travaux du médecin suédois Magnus Huss au milieu du 19e siècle, est considérée comme un fléau national. L’alcoolisme est devenu un sujet de préoccupation majeur, auquel l’opinion est de plus en plus sensible : en 1871, la première ligue contre l’alcoolisme est créée à l’Académie de Médecine de Paris, tandis que la loi du 23 janvier 1873 organise la répression de l’ivresse publique. C’est aussi un thème largement traité dans l’art et la littérature de l’époque : l’exemple le plus célèbre est sans doute L’Assommoir d’Émile Zola, paru en 1877, qui retrace la déchéance d’une famille ouvrière à cause de l’alcool.

Des campagnes antialcooliques s’organisent et insistent sur les méfaits et les dangers d’une consommation excessive d’alcool : détériorations physiques et psychiques pour le buveur, et conséquences néfastes pour sa famille (violences conjugales, misère…). Pour lutter contre l’alcoolisme, on prône la tempérance, c’est-à-dire un usage modéré des boissons alcooliques. Curieusement, une distinction est faite à l’époque entre le vin, la bière et le cidre – jugés alors bons pour la santé s’ils sont consommés avec modération – et les alcools distillés (comme l’absinthe ou le rhum) perçus comme la cause principale de l’alcoolisme.

L’école de la IIIe République a son rôle à jouer dans cette lutte : on demande aux instituteurs d’enseigner aux enfants les dangers de l’alcool. De nombreux matériels pédagogiques sont alors mis à leur disposition : affiches, bons points, manuels de lecture… fleurissent, d’autant plus qu’à partir de la fin des années 1890, la leçon d’antialcoolisme est inscrite dans les programmes scolaires.

                      

La bibliothèque Osler possède plusieurs ouvrages antialcooliques pour l’éduction des enfants, et notamment un exemplaire de 1904 du Manuel d’antialcoolisme publié par la Société antialcoolique des instituteurs et institutrices de France (Osler lib. Robertson section 1, L 2844 m 1904). Sous-titré « Mieux vaut prévenir que guérir », ce livre est censé fournir à l’instituteur un support pédagogique pour organiser une leçon antialcoolique. Le livre propose donc un programme pour chaque semaine de l’année scolaire, avec des images, des sujets de rédaction, des problèmes mathématiques, des chansons, des  dessins… liés au thème de l’alcoolisme, et adaptés aux différents niveaux scolaires (cours élémentaire ou cours moyen et supérieur).

Le manuel aborde aussi l’alcoolisme sur le plan médical, en décrivant ses conséquences physiques et mentales, notamment sur le cerveau.

Il évoque également des conséquences héréditaires de l’alcoolisme sur les enfants. L’hérédité  – à savoir la croyance que les tares tant physiques que psychiques se transmettent de génération en génération – est alors un thème cher aux scientifiques du 19e siècle, qui est notamment largement exploité par Zola dans sa série Les Rougon Macquart.  Ainsi le Manuel compare-t-il de manière très caricaturale, les enfants d’alcooliques, qualifiés de « dégénérés », et les enfants des « buveurs d’eau » en pleine santé et bien portants.

   

Ce manuel, censé aider les instituteurs dans la lutte nationale contre l’alcoolisme, est donc représentatif des préoccupations et des croyances de la France du 19e siècle (distinction entre bon et mauvais alcool, croyance forte en l’hérédité, peur des classes laborieuses, vocation morale de l’École). Il faut toutefois noter que ce mouvement antialcoolique n’est pas une spécificité française, et que dans de nombreux pays, notamment le Canada, des initiatives semblables sont prises.

 

Et pour terminer, un petit problème de mathématiques tiré du Manuel d’antialcoolisme : saurez-vous le résoudre (en sachant qu’1 franc équivalait à 20 sous à l’époque) ?

 

Paul, en allant au chantier, ce matin, à 6 heures, a pris comme d’habitude un petit verre d’alcool à 0 fr. 15. En sortant de l’estaminet, il a été pris de congestion et a dû être conduit dans une pharmacie où il a dépensé 0 fr. 50. Il a dû faire des démarches pour être embauché, et a perdu en tout 1h. 1/2 à 0 fr. 60 l’heure. A combien lui est revenue « sa goutte » et combien aurait-il pu avoir de petits pains d’un sou à la place?

 

Bibliographie :

Fillaut T, « De la tempérance à la consommation à faible risque (1880-2010) : Survol historique des normes en matière de prévention de l’alcoolisme en France », Colloque Alcool et Normes (défi brestois), Landerneau, Octobre 2011, disponible en ligne.

Lefebvre T., « La propagande antialcoolique en milieu scolaire au début du XXe siècle », Revue d’histoire de la pharmacie, 84, 309, 1996.

Parayre S., « L’entrée de l’éducation à la santé à l’école par la prévention (XVIIIe-XIXe siècles) », Recherches & éducations, 3, septembre 2010, disponible en ligne.

 

 

A la découverte du Brésil avec l’Historia naturalis Brasiliae

Au 17e siècle, le Brésil est une terre portugaise depuis sa découverte en 1500 par le navigateur Pedro Álvares Cabral. Toutefois, une enclave hollandaise existe entre 1624 et 1654 au nord-est du Brésil. C’est dans ce contexte que deux hollandais, le médecin Willem Piso et l’astronome Georg Marggrav, accompagnent en 1638 le prince de Nassau dans son voyage au Brésil. C’est l’occasion pour les deux savants d’explorer le territoire et d’en répertorier la faune et la flore.

Titre-frontispice

Leurs découvertes sont rassemblées en 1648 par le géographe Johannes De Laet dans un livre intitulé Historia naturalis Brasiliae. Cet ouvrage est considéré comme le premier traité scientifique sur le Brésil. La bibliothèque Osler possède un exemplaire de l’édition originale (Osler room – folio P678h 1648), imprimée à Leyde, par la célèbre maison Elzevier. Le titre-frontispice est particulièrement travaillé : il s’agit d’une gravure colorée à la main, qui semble évoquer le Brésil comme un nouveau Paradis. On y voit deux indigènes, dans une végétation luxuriante, entourés de nombreux animaux (perroquets, singes, fourmiliers, serpents, poissons, crabes, tortues, paresseux…).

Le livre se compose de deux parties : le De medicina Brasiliensi écrit par Willem Piso, et l’Historia rerum naturalium Brasiliae de Georg Marggrav. L’ensemble, organisé et complété par Johannes De Laet,  est richement illustré par plus de quatre cents gravures sur bois.

Un moulin à sucre

Dans son De medicina Brasiliensi, Willem Piso recense les maladies et les venins qui existent au Brésil, ainsi que leurs remèdes locaux. Il y décrit également les vertus thérapeutiques des plantes (De facultatibus simplicium). On trouve d’ailleurs une explication très intéressante de la fabrication du sucre de canne (De saccharo).

Homme en habit traditionnel

La seconde partie, l’Historia rerum naturalium Brasiliae, rédigée par Georg Marggrav, recense les plantes, les poissons, les animaux et les insectes du Brésil. Une rapide description du pays et de ses habitants est également incluse : Marggrav y évoque les coutumes des indigènes du Brésil (vêtements, religion, nourriture… et même la langue avec un bref lexique incorporé dans le texte).

Une espèce de fruit de la passion

Un fourmilier

L’Historia naturalis Brasiliae a fait connaître en Europe de nouvelles plantes médicinales (comme l’ipecacuanha, utilisée notamment pour traiter la dysenterie). Il est devenu un ouvrage de référence pour les naturalistes européens tout au long des 17e et 18e siècles: son influence est notamment perceptible dans les travaux de Buffon et de Linné. C’est un riche témoignage des tentatives de description et de compréhension de la nature au 17e siècle.

 

Bibliographie:

Brienen R. P., Visions of Savage Paradise: Albert Eckhout, Court Painter in Colonial Dutch Brazil, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2006.

Charlot C, Guibert M.-S., “Petite histoire de la Racine Brésilienne en France au 17ème siècle”, 38e Congrès international d’histoire de la Pharmacie, Séville, 19-22 septembre 2007, disponible en ligne.

Galloway J. H., “Tradition and innovation in the American sugar Industry, c. 1500- 1800: an explanation”, Annals of the Association of American geographers, 75, 3, 1985.

Medeiros M. F. T., Albuquerque U. P., “Abstract food flora in 17th century northeast region of Brazil in Historia Naturalis Brasiliae”, Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine, 10, 50, 2014.

Safier N., “Beyond Brazilian nature: the editorial itineraries of Marcgraf and Piso’s Historia Naturalis Brasiliae”, dans Van Groesen M. (ed.), The Legacy of Dutch Brazil, Cambridge, Cambridge University Press, 2014.

Walker T. D., “The medicines trade in the Portuguese Atlantic world: acquisition and dissemination of healing knowledge from Brazil (c. 1580–1800)”, Social history of medicine, 26, 3, 2013.

Whitehead P. J. P., Boeseman M., A portrait of Dutch 17th century Brazil : animals, plants, and people by the artists of Johan Maurits of Nassau, Amsterdam – Oxford – New-York, North-Holland Publishing Company, 1989.

 

 

Lyon et l’édition médicale au 16e siècle: l’exemple des Institutions chirurgiques de Jean Tagault, imprimées par Guillaume Rouillé

Au 16e siècle, Lyon est un des principaux centres d’imprimerie d’Europe, et un vivier important de l’édition médicale. C’est d’ailleurs dans cette ville que Le Guydon de la practique en cyrurgie de Guy de Chauliac est imprimé pour la première fois en français en 1478 par Barthélemy Buyer.

Page de titre avec marque d’imprimeur

Parmi les grands imprimeurs lyonnais de la Renaissance, on trouve Guillaume Rouillé (1518-1589). Né à Dolus, près de Loches, il fait son apprentissage à Venise chez les Giolito de Ferrari, puis s’établit à Lyon en tant qu’imprimeur, à l’enseigne  «A l’écu de Venise».

La bibliothèque Osler possède plusieurs ouvrages imprimés par Guillaume Rouillé, dont les Institutions chirurgiques de Jean Tagault (Osler room – T125cF 1549). Il s’agit d’une traduction en français, d’un ouvrage écrit en latin par le médecin Jean Tagault, et complété par un traité sur la « matière chirurgique » de Jacques Houllier, élève de Tagault.

C’est un manuel pratique de chirurgie, à l’intention notamment des étudiants chirurgiens. De petit format, l’ouvrage pouvait être aisément transporté et

Adresse de Guillaume Rouillé aux étudiants en chirurgie, avec signature manuscrite d’Estienne Picard.

annoté. Il a d’ailleurs appartenu à un certain Estienne Picard, chirurgien, comme semblent l’indiquer plusieurs signatures manuscrites.

L’ouvrage, de 1549, est en langue vernaculaire. Jusqu’ici essentiellement en latin, l’édition médicale se vulgarise et commence à être écrite en langue vernaculaire à partir des années 1530 en France. L’ordonnance de Villers-Cotterêts promulguée en 1539 par le roi François Ier contribue à la diffusion et au développement du français, même si le latin reste la langue du savoir jusqu’au 18e siècle. Ce passage du latin au français ne se fait pas sans difficulté, car il faut trouver des équivalents français pour désigner des termes scientifiques. Ceci explique la présence d’une « exposition de quelques lieux difficiles » au début du livre, qui donne des explications sur certains points jugés compliqués.

Le livre contient quelques illustrations, dont plusieurs vues du squelette humain, des exemples de blessures auxquelles peut être confronté un chirurgien, et des outils nécessaires pour les soigner.

Un corps “blessé en plusieurs sortes”

Vue de face d’un squelette humain

 

Exemple d’outil de chirurgien

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à venir voir nos collections : la bibliothèque Olser et le département des « Rare Books and Special Collections » de la bibliothèque McLennan possèdent plusieurs exemplaires de livres du 16e siècle imprimés à Lyon. Par ailleurs, si vous êtes de passage à Lyon, pensez à visiter le musée de l’imprimerie qui retrace toute l’histoire de l’imprimerie lyonnaise.

 

Bibliographie:

Berriot-Salvadore E., « La littérature médicale en français de 1500 à 1600 », Bibliothèque numérique Medic@, BIU Santé Paris, novembre 2010, disponible en ligne.

Claudin A., Histoire de l’imprimerie en France au XVe et au XVIe siècle, volume 3, Paris, Imprimerie Nationale, 1904, disponible en ligne.

Mecking V.,  « La terminologie médicale du XVIe siècle entre tradition et innovation », La revue de l’Institut Catholique de Lyon, 2014, 24, 9, disponible en ligne.

Université de Picardie Jules Verne, « Humanisme et médecine, un exemple de diffusion des savoirs à travers les siècles : la bibliothèque d’Emile et Lucien Bax », [exposition virtuelle], 2010, disponible en ligne.

ROAAr: Rare Books, Osler, Art, and Archives

 

screen-shot-2016-12-13-at-3-05-51-pmMcGill’s new amalgam of Rare Books & Special Collections, Osler Library, Visual Art Collection, and the University Archives (collectively known as ROAAr) launched their first issue of a new newsletter series this December.

Published quarterly (Spring 2017 next), the ROAAr newsletter features four articles that showcase and discuss unique treasures of each rare unit.

Anyone who is interested in joining the ROAAr newsletter mailing list is encouraged to email info.library@mcgill.ca.

History is on every shelf at the Osler Library of the History of Medicine. Located on the third floor of McGill’s McIntyre Medical Building, the Osler houses Canada’s finest treasure trove of rare medical books, artifacts and archives. What began as a home for Sir William Osler’s personal library of 8,000 rare and historic works has grown to more than 100,000 titles that trace the beginnings of medicine in Canada and abroad to the present day.

pic_2016-11-08_144913

Snapshots of Osler at the bedside: Inspection, Palpation, Auscultation, Contemplation, c. 1895, Osler Library Photo Collection.

These rare collections have made the Osler a premier destination for students, researchers and bibliophiles from across Canada and around the world. This fall, the Osler played host to a visiting group from the Grolier Club – the oldest existing bibliophilic club in North America. Osler Librarian Chris Lyons led the distinguished guests on a tour through silent sanctuaries in the Wellcome Camera and the Osler Room, and gave them a hands-on look at many of the unique medical and historical gems within the Osler collection, such as a 1698 first edition of William Cowper’s Anatomy of Humane Bodies.

med-res_img_4819

The Grolier Club visits the Osler Library of the History of Medicine, 2016. Photo credit: Lauren Goldman

Capping off their trip, the eager Grolier Club members were treated to guided tours and presentations by the three other units under the McGill Library’s new ROAAr (Rare Books & Special Collections, Osler, Art, and Archives) umbrella.

To the delight of the guests, the Head of Rare Books Richard Virr showcased some of the Library’s oldest and most unique treasures, University Archivist Lori Podolsky helped them delve deep into McGill’s nearly 200-year history, and Coordinator Vanessa Di Francesco displayed many of the stunning works within the Visual Arts Collection. As they departed after their multi-day visit, the Grolier Club members were unanimous in their appreciation for their hosts, a testament to the treasures in the Osler collection and the combined and collaborative strength of ROAAr as a whole. The experience provided a fantastic model for hosting future visitors.

It was a busy autumn for Osler visits and curated exhibits – both within the library’s own gallery space and around Montreal. Our “pop-up” exhibitions this fall included 200 Years of the Stethoscope, celebrating two centuries of auscultation at the Canadian Cardiovascular Congress (CCC), History of MS at the Montreal Neurological Institute’s annual MS Xchange, and in October, it was our pleasure to welcome two history classes from Marianopolis College (CEGEP) for a total of four visits – a powerful pedagogical experience for all.

For those discovering the Osler Library of the History of Medicine for the first time, we invite you to explore our online resources and website for more information. Contact or visit us anytime – there is much to be discovered!

Remembrance: Our Girls in Wartime & Our Hospital ABC

pic_2016-07-19_172107On November 11th, we remember.

We remember as a nation all the brave men and women who left their beloved homes and chose to fight for our peace, and our freedoms.

We commemorate this Remembrance Day with two World War I children’s books in our collection by Hampden Gordon & M. C. Tindall (verses), Joyce Dennys (illustrations) and invite you to come see them in our reading room:

  • Our Hospital Anzac British Canadian published ca. 1916
  • Our Girls in Wartime published ca. 1917.

pic_2016-07-19_172412

Our Hospital ABC. Gordon, Hampden, Tindall, M. C.; Dennys, Joyce (illus.). London: John Lane the Bodley Head, n.d. [ca. 1916]

pic_2016-07-19_172435

Out Girls in Wartime. Gordon, Hampden; Dennys, Joyce (illus.). London: John Lane The Bodley Head, n.d. [ca. 1917]

pic_2016-07-19_172449

Alibert & Early French Dermatology

Clinique de L’Hopital Saint-Louis, de Traite Complet Des Maladies de la Peau, 1833. Unfortunately some evidence of water damage is visible, possibly from the 1907 fire.

 

France’s first dermatologist, Jean-Louis Alibert (1768-1837), was professor and chief-surgeon at Saint-Louis Hospital in Paris. His medical achievements and reputation as a great teacher of hospital clinics put him in the company of other influential nineteenth century physicians, collectively known as the Paris School.

Osler Library’s rare book collection houses approximately a dozen titles of Alibert’s prolific work, including three copies of his second atlas entitled Clinique de L’Hôpital Saint-Louis, de Traite Complet Des Maladies de la Peau – two 1833 French copies, and an 1835 Italian translation. The atlas is an impressive work from both a medical and an artistic standpoint. It includes 63 hand coloured plates, including the botanically-inspired “Arbe des Dermatoses” (“Tree of Dermatology”).

“Arbre des Dermatoses” (“Tree of Dermatosis”) shows Alibert’s method to visually classify common skin diseases and disorders with twelve main branches, each representing a class of dermatosis.

Similar to other areas of science, medical research and the practice of medicine experienced rapid progression after the French Revolution (1789-1799). Newly implemented ideological and institutional reforms allowed physicians to focus on the greater health of the whole community, allowing for the opening of clinics for the general public. It was the dawning of the “medical gaze a term coined by Michel Foucault in his 1963 book The Birth of the Clinic: An Archaeology of Medical Perception.

Alibert’s clinical lessons became well-known and attracted students and physicians alike to l’Hôpital Saint-Louis. Over the course of his career, Alibert was able to make important contributions to descriptions including lupus vulgaris, keloid, dermatolysis, mycosis fungoides, and cutaneous leishmaniasisis. He is also credited with several first descriptions – among them Mycosis fungoides (shown below). This book and others by Alibert are available to view in the Osler Library’s pre-1840 room during regular opening hours.

Man: His Structure & Physiology

pic_2016-07-19_171814

“Man: His Structure & Physiology: Popularly Explained and Demonstrated” by Robert Knox, 2nd edition, London: H. Bailliere, 1858.

This month we’ve chosen to highlight an anatomical atlas by Scottish anatomist, zoologist, and physician, Dr. Robert Knox (1791-1862). His popular book entitled Man: His Structure & Physiology: Popularly Explained and Demonstrated was originally published in 1857, with a second edition (shown here) printed a year later in 1858.

Knox was an esteemed professor at The University of Edinburgh — famous for his dissections and lectures which were often ticketed and open to the public. Prior to the 1832 Anatomy Act, it was discovered that Knox relied on illegal methods to acquire his cadavers. Knox was connected to the Burke and Hare West Port murders of 1828, and despite never being tried, his reputation was forever marred in controversy.

The atlas is described in simple language and includes some detailed plate illustrations — several of which can lift (“pop-up”) off the page. The idea behind this design was to imitate a dissection as much as possible, allowing students and readers to discover multiple layers of physiological detail. As the preface of the second edition describes, it is an “elementary and educational Work, containing such an outline of Human Structure and Human Physiology as may prove a safe basis whereon to build the edifice of special or philosophic inquiry and research” (London, October, 1857).

The book is available to view at the Osler Library during regular hours. For those who are not able to visit the library in person, a digitized version of a more recent pressing can be accessed at archive.org.

Version 2

Plate #3 from Robert Knox’s “Man: His Structure & Physiology: Popularly Explained and Demonstrated”, 2nd edition, 1858.

Version 2

Plate #6 from Robert Knox’s “Man: His Structure & Physiology: Popularly Explained and Demonstrated”, 2nd edition, 1858.

 

 

 

 

 

pic_2016-07-19_171859 (1)

Plate #8 with explanations on opposite page in Robert Knox’s “Man: His Structure & Physiology: Popularly Explained and Demonstrated”, 2nd edition, 1858.